Comment je me suis lancée dans le streaming : mes débuts sur Twitch
À quel moment se dit-on : "Tiens, et si je devenais streameuse ?" Et si je me retrouvais toute seule devant mon écran, en espérant que des gens aient envie de me regarder jouer ? Pas parce que je pensais être une PGM*, mais parce que je me sentais peut-être capable d'animer un live, de créer des interactions et, qui sait, d'être intéressante.
*PGM : abréviation de « pro gamer », utilisée pour désigner un·e joueur·euse au niveau de jeu exceptionnel.
Twitch et les lives gaming, je les ai découverts pendant le Covid. Je trouvais le concept très cool et je regardais aussi beaucoup de rediffusions. La partie « react » m'a toujours intriguée. Ces lives avaient quelque chose de magnétique, avec ce petit goût de : « Purée, je kifferais faire ça. »
Le jeu vidéo a presque toujours fait partie de ma vie, mais je n'avais encore jamais envisagé cette autre manière de le vivre : partager mes parties en devenant, pour une fois, le personnage principal.
Petit à petit, l'idée de me lancer a commencé à me trotter dans la tête. J'adorais jouer, j'avais beaucoup d'énergie et j'étais bavarde : sur le papier, pourquoi pas ? Dans la réalité, plusieurs choses freinaient ma réflexion. J'étais salariée, donc la question du temps se posait. Toute la partie matérielle et technique me semblait également très complexe. Et puis, bien sûr, il y avait le fameux « pourquoi moi ? » : qu'est-ce qui ferait que quelqu'un viendrait me regarder, moi plutôt qu'un·e autre ?
Quand le streaming devient plus qu'une idée
Salariée depuis sept ans, j'apprends en 2022 qu'un licenciement économique se prépare dans mon entreprise. La procédure est longue. Entre novembre 2022 et février 2023, mon rythme professionnel ralentit fortement. La situation reste très stressante, mais ce calme forcé me laisse un espace que je n'avais plus depuis longtemps : du temps pour réfléchir et me demander ce que je voulais vraiment.
En novembre, j'en parle à une amie. Elle est tout aussi emballée : elle aussi a envie de se lancer. Très vite, une idée germe : et si on faisait un duo ? Discuter de sujets persos, d'anecdotes, de développement personnel, proposer des mini-jeux et des quiz avec la communauté, le tout dans une tonalité bienveillante. Cette perspective me booste énormément. Se lancer à deux, c'est tellement plus simple que seule.
Tout le mois de décembre, je me renseigne et je commande du matériel. Sur Mac, entre les logiciels, les câbles et les périphériques, la moindre erreur d'achat peut tout compromettre. Les réglages prennent du temps, et le fait de ne pas pouvoir tester tranquillement hors live est stressant. Le gaming, je le mets de côté pour le moment : ce n'est pas par là que je vais commencer.
Club Optimiste : mes premiers pas sur Twitch
Début janvier 2023, la chaîne Club Optimiste voit le jour. Avec mon amie, nous y animons un live hebdomadaire en soirée. Pendant environ sept mois, cette aventure va me donner confiance en moi, me permettre de vraiment prendre en main la plateforme et marquer les débuts d'une communauté.
En février 2023, je perds effectivement mon emploi. Pour la première fois, l'idée de streamer ne ressemble plus seulement à un fantasme observé derrière un écran. Elle commence à devenir un véritable projet.
Neuf interviews pour prendre confiance sur Twitch
Mais l'envie de créer ma propre chaîne, en mon nom, ne me quitte pas. J'ai envie de jouer, mais je ne m'en sens pas encore capable. Alors je choisis un autre format : l'interview. J'ai toujours été passionnée par les parcours professionnels des gens, linéaires ou atypiques, et en plein bouleversement de ma propre vie pro, ce sujet prend encore plus de sens. C'est aussi, une fois de plus, une façon de ne pas me retrouver seule face à la caméra.
Je démarre alors mes interviews, avec un fil rouge : « C'est comment de... en 2023 ? » Entre le 18 mars et le 28 mai 2023, j'en enregistre neuf. La limite de ce projet, c'est mon emplacement géographique : je vis en pleine campagne normande, et je fais venir un maximum d'invités chez moi, mais mes options finissent par se réduire. Je ne peux pas me permettre de faire ces interviews à distance : mes invités doivent avoir un bon micro, une caméra correcte et s'y connaître un minimum en technique, car je suis moi-même encore très débutante à l'époque. Une seule interview se fera à distance, avec un ami qui avait tout le matériel et les connaissances nécessaires.
« C'est comment de... en 2023 ? » : neuf parcours, neuf regards
Les retours sont bons : mes proches et les viewers apprécient le format. Le 3 avril 2023, j'obtiens l'affiliation**.
**Affiliation : statut proposé par Twitch aux créateur·rice·s remplissant certains critères (nombre de viewers, heures de stream, etc.), qui donne accès à des fonctionnalités comme les abonnements payants, les bits ou les emotes personnalisées.
Au fil des lives de Club Optimiste, je parle régulièrement de mon envie de me lancer dans le gaming, mais aussi, à cœur ouvert, de mes doutes et de mes questions de légitimité. Un petit noyau de la communauté se forme peu à peu. Ces personnes m'encouragent à chaque fois et viennent gentiment me chercher, me piquer un peu. Grâce à ces encouragements, j'arrive peu à peu à me projeter, à moins me comparer aux autres et à me dire que je peux le faire. De toute façon, si je ne tente pas, je ne saurai jamais.
Le 3 octobre 2023 : mon premier live gaming
En septembre 2023, je commence à travailler sur mon setup dédié au gaming. Le 3 octobre 2023, je lance enfin mon premier live gaming sur Cult of the Lamb.
Et là, je ne vois pas le temps passer. J'adore jouer, parler, rigoler, crier… Une poignée de personnes est au rendez-vous. Ce premier live restera marqué par une blague qu'on me refait encore aujourd'hui : tout le chat s'y met pour me faire croire que mon micro ne fonctionne pas.
Côté technique, les péripéties continueront régulièrement : les réglages ne deviendront jamais ma partie préférée et le chaos finira par devenir ma signature. Le ton est donné dès ce premier live.
Quand je clique finalement sur « Arrêter le stream » et que je retire mon casque, une phrase résonne dans ma tête : « Ça y est, j'ai enfin lancé mon premier live solo. » Tous les doutes qui pouvaient encore me freiner ont été balayés d'un trait. À ce moment-là, je n'ai plus qu'une seule chose en tête : recommencer !
Depuis, il y a eu beaucoup d'autres jeux, de nouvelles plateformes et toujours autant de morts. Mais le fil conducteur, lui, n'a pas changé : découvrir, crier, demander de l'aide et progresser avec la commu. C'est comme ça qu'Audebasix a vraiment commencé.
Mon setup, lui, a depuis bien changé. J'en parle par ici : Setup streaming 2026, mon matériel disséqué.